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UNE QUATRIÈME DÉCENNIE D'ACTIVITÉ

Les origines
Vers 1975, un bon nombre d'organismes musicaux fonctionnaient régulièrement à Joliette : un centre culturel dont dépendait la présentation des concerts, plusieurs écoles de musique, trois orchestres de jeunes, un camp musical d'été, un concours de musique régional, des chorales…un environnement musical était en place et attendait quelque chose de plus. En 1977, une occasion se présente au directeur du Centre culturel, le Père Fernand Lindsay, Clerc de St-Viateur, de risquer trois concerts de l'Orchestre symphonique de Montréal pendant l'été, dans la Cathédrale de Joliette. L'accueil du public joliettain est bon. C'est le temps d'aller plus loin. Se souvenant des festivals qu'il avait fréquentés en Europe, quelques années auparavant, le Père Lindsay voit que le moment est venu de réaliser ce qu'il avait rêvé.

L'envol
À l'été 1978, le Festival commence! On offre huit concerts à la mémoire de Schubert dont c'est le 150e anniversaire de la mort. Cet été-là consacre l'avènement d'une nouvelle étoile de la musique, la violoniste lanaudoise Angèle Dubeau alors âgée de 16 ans. L'année suivante, le festival acquiert une autre envergure en présentant plusieurs de ses 35 concerts à l'extérieur de Joliette, dans plusieurs des belles églises de la région de Lanaudière et au Camp musical de Lanaudière, au lac Priscault, à St-Côme. Dès 1979, le Festival s'est donné une structure légale et un premier conseil d'administration. Le Père Lindsay, ses collaborateurs et administrateurs du Festival, en particulier Marcel Masse, René Charette et Paul Dupont-Hébert, espèrent rapidement une reconnaissance internationale, comparable à celle des grands festivals. Ils souhaitent "créer un lieu où la belle musique, interprétée par les meilleurs artistes, rassemblera le plus de gens possible". Les années qui suivent sont marquées par la présence de solistes et d'ensembles de grande envergure. Le public se déplace, vient de plus en plus loin et de plus en plus nombreux dans ce coin de pays où c'est la fête de la musique.

Une stature internationale
Avec les années, le Festival élargit progressivement son rayonnement, s'attirant les éloges de la critique et des mélomanes. Rapidement le Père Lindsay, directeur artistique du Festival, a pu dire et écrire : "Le Festival est vraiment devenu international." Marilyn Horne, Frederica von Stade, Rudolf Nureyev étaient déjà passés à Joliette !

Et le Festival devient le grand festival de musique du Québec. Il se classe sur un pied d'égalité avec les manifestations du même genre en Europe et aux États-Unis. Sa saison estivale est dorénavant un événement catalyseur de l'énergie artistique et culturelle du Québec. Sa clientèle vient de partout. En 1987, les médias font état de plusieurs milliers de personnes ; au terme de ses 74 activités, il enregistrera 15 % plus d'entrées que prévu. La saison 1988 constitue un nouveau sommet dans l'histoire du Festival, avec 72 événements étalés sur deux mois, et 2000 artistes venant d'une quinzaine de pays. Et un public encore plus nombreux. "La musique, l'été, c'est à Joliette que ça se passe", note Fernand Lindsay.

De plus en plus de mélomanes le pensent aussi.

 

 

Un Amphithéâtre exceptionnel
Le Festival devient un véritable moteur de développement touristique et économique pour toute la région de Lanaudière. Mais il lui manque un outil indispensable pour accomplir pleinement sa vocation : un amphithéâtre extérieur. "Sa construction", affirme René Charette, président du Conseil, "représente une chance inouïe de conquérir un peu plus notre marché culturel en créant un centre d'excellence."

Le Festival prend donc un tournant décisif en 1989 avec ce nouvel amphithéâtre qui peut accueillir 2000 personnes sous le toit, et 8000 sur les pelouses. Plusieurs artistes et plusieurs critiques musicaux qui ont vu tous les autres équipements du genre aux États-Unis ne tarissent pas d'éloges sur l'amphithéâtre de Lanaudière, en particulier sur sa réussite acoustique.

L'architecte Michel Gallienne, et ses collègues, le scénographe Yvon Sanche et l'acousticien Raymond Lortie, tous trois de Québec, ont vraiment créé une merveille ; et de l'avis de tous, le cadre est enchanteur. "La musique s'est fait un nid dans Lanaudière et il en sortira de grandes choses", dit le Père Lindsay le soir de l'inauguration de l'édifice.

 

L'Amphithéâtre a permis au Festival de sortir du peloton. Pour les musiciens, il n'y a que douze festivals majeurs en Amérique du Nord, dont un seul au Canada : Lanaudière.


Une histoire de succès et de fidélité
Avec la nomination d'un nouveau directeur général, François Bédard, les années 1990 consolident toujours davantage les succès antérieurs. La qualité des concerts est toujours maintenue, la participation populaire et la notoriété ne cessent de s'accroître de même que l'enthousiasme des critiques et des mélomanes. Le Festival international de Lanaudière s'est taillé une place enviable et un créneau original parmi les hauts lieux de diffusion musicale.

 

Destination incontournable pour les amateurs de musique classique, le Festival présente son 500e concert en 1997, l'année de son vingtième anniversaire.

 

Il s'inscrit désormais au cœur du parcours des plus grands musiciens et ensembles du monde. En témoignent les concerts mémorables de Cecilia Bartoli, Marilyn Horne, Frederica von Stade, Deborah Voigt, June Anderson, Ewa Podles, James Morris, Dmitri Hvorostovsky, Ben Heppner, Richard Margison, Itzhak Perlman, Maxim Vengerov, Vadim Repin, Mstislav Rostropovitch, Michel Dalberto, François-René Duchâble, Till Fellner, Anton Kuerti, Alicia de Larrocha, Marc-André Hamelin, Sir Neville Marriner et The Academy of St-Martin-in-the-Fields, Ivan Fisher et l'Orchestre du Festival de Budapest, Charles Dutoit et l'Orchestre symphonique de Montréal, etc.

 

Le Festival, qui ne cesse de mieux mûrir d'année en année, célébrait en 2007 son 30e anniversaire.