Vers un monde nouveau | Festival de Lanaudière
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Vers un monde nouveau

Avec des œuvres de Bohuslav Martinu, d’Antonín Dvorak de Barbara Assiginaak au programme le 8 août, ce concert propose un triangle inusité : Fascination « contemporaine » pour l’héritage humaniste de la Renaissance (Martinu), regard européen moderne tourn vers le « Nouveau Monde », vers l’Amérique (Dvorak), puis réflexion d’aujourd’hui, par la voix d’une compositrice d’ici, sur une terre d’Amérique millénaire (Assiginaak).

Compositeur à succès, Anton Dvorak est nommé directeur du Conservatoire national de New York en 1892. Une année plus tard, il composera sa célèbre symphonie n°9 dite “du nouveau monde”, œuvre de clôture du 8 août, qui serait le fruit de l’effet bénéfique du sol américain sur l’esprit de A. Dvorak, de nationalité tchèque.

Souhaitant composer une musique à l’image de l’Amérique, il a puisé son inspiration dans diverses cultures habitant sur le territoire.

« Je n’ai utilisé aucune des mélodies [autochtones]. J’ai simplement écrit des thèmes originaux englobant les particularités de cette musique et, utilisant ces thèmes comme sujets, je les ai développés avec les moyens des rythmes modernes, contrepoints et couleurs orchestrales. »

Description de la photo : Anton Dvorak, 1900

Même si ses inspirations n’évoquent pas explicitement les cultures autochtones et afro-américaines, la création de Barbara Assiginaak en oeuvre d’ouverture viendra bâtir les fondations d’un pont menant à l’histoire cachée de la Symphonie du nouveau monde d’Anton Dvorak, en passant par Les Fresques de Piero della Francesca de B. Martinu.

Cette nouvelle œuvre symphonique composée par Barbara Assiginaak pour l’Orchestre Métropolitain honore la mémoire de Josephine-ba Mandamin (1942-2019), une aînée qui a inspiré ses compatriotes Anishinaabekwewag et d’autres femmes autochtones à marcher, prier et chanter pour l’eau. Transportant de l’eau de chaque lac dans un seau en cuivre, elle a fait le tour des rives des cinq Grands Lacs, soit plus de 17 000 kilomètres, et elle continue d’inspirer de plus en plus de femmes, d’hommes et de jeunes à faire de même, autochtones et non autochtones.

Voici une histoire bucolique pour une première mondiale en nature :

« J’ai imaginé cette courte œuvre comme un voyage à travers une expérience de rêve-mémoire du temps, commençant par un canoë entrant dans les eaux calmes au milieu d’un épais brouillard juste sous la lumière de Nookmis (Grand-mère Lune). Bientôt avec l’aube qui vient, les brumes se lèvent et les eaux dansent sous la lumière de Giizis (Grand-père Soleil) et animent ces nombreuses créatures qui habitent à l’intérieur et autour. Alors que les eaux de ce grand fleuve changent dans leur débit, leur vitesse et parfois la direction du courant, le voyageur se souvient que tous les humains – les derniers à arriver après tous les autres êtres – ne sont pas là pour dominer ou contrôler l’esprit et la vie de nibi (eau). » Barbara Assiginaak.

Bon concert de clôture du Festival et à l’année prochaine!

 

 

Chroniques de programme par Margot Charignon